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Contrefaçon : à armes égales ?

Contrefaçon : à armes égales ?

Ce 22 mars a eu lieu la journée mondiale de lutte contre la contrefaçon. Cette année, la Fédération de l’industrie horlogère suisse et la Fondation de la Haute Horlogerie ont associé deux secteurs également touchés par ce fléau : l’industrie pharmaceutique et l’audiovisuel.

Indéniablement, la demande entraîne l’offre ; les marques les plus impactées par la contrefaçon sont les plus connues et les plus convoitées par le grand public : Rolex, Cartier, Breitling, Omega, etc. Pour autant, toutes les maisons sont touchées. Le fort développement du marché horloger ces dernières années et le commerce en ligne ont entraîné l’apparition d’un large choix de garde-temps plagiés. En 2011, la cellule internet de la FH a par exemple retiré plus de 260.000 enchères basées sur de fausses montres, fermé plus de 500 sites de contrefaçons et retiré un million d’annonces en cinq ans !

Les escrocs, véritable bande organisée du crime, ont considérablement augmenté la qualité de leur contrefaçon. Ainsi, depuis quelques années, il n’est pas rare de trouver sur internet des pièces de belle qualité à plusieurs milliers d’euros. En complément, les cycles de production se sont réduits : seulement quelques semaines suffisent pour répliquer un modèle venant d’être dévoilé.

Sur un total de 2 milliards, cette fraude représente un manque à gagner de 800 millions de francs pour l’horlogerie. En d’autres termes, à elle seule, l’horlogerie tous secteurs confondus pèse pour 40% de la contrefaçon suisse. La lutte est principalement menée par la FH qui procède à des actions de saisie sur le terrain ainsi qu’à la fermeture de sites internet. Pour mener à bien sa mission, elle dispose d’une cellule internet de 4 personnes à temps plein.

Sans être encore à armes égales, les autorités déploient donc un arsenal adapté à la mesure de la fraude. Une collaboration à l’échelle internationale, avec la police et les autorités douanières, est mise en place mais reste largement perfectible. En tout état de cause, le maillon faible de la fraude reste le consommateur. Tant que celui-ci n’aura pas intégré que porter une contrefaçon contribue au crime organisé, à la prostitution et à l’esclavage, peu de choses changeront…

Cécile Bernardini

Visuels : © FHS