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Spero Lucem : et la lumière fût

Spero Lucem : et la lumière fût

Spero Lucem est l’une des créations de marques les plus attendues de ce Baselworld. Elle émane d’Yvan Arpa, créateur d’ArtyA, et repose sur son rachat de l’une des dernières manufactures genevoises, située à quelques mètres du Lac.

Spero Lucem tient son nom issu de la célèbre devise de Genève «Post Tenebras Lux» présente dans les armoiries de la ville et inscrites sur des monuments publics.

En réalité, la devise complète serait plutôt «Post Tenebras Spero Lucem». Il s’agit d’une traduction latine d’un fragment de phrase biblique issu du livre de Job (chapitre XVII, verset 12), dans l’Ancien Testament: «Noctem verterunt in diem, et rursum POST TENEBRAS SPERO LUCEM». Cela signifie: «Ils ont changé la nuit en jour, après les ténèbres, j’espère revoir la lumière». Selon le sens du passage complet, on peut aussi traduire «Après la calamité, j’aspire au bonheur».

Historiquement, en proscrivant le luxe et l’apparat, le mouvement de la Réforme favorise l’essor de l’horlogerie. Les orfèvres sont contraints de se reconvertir et l’asile octroyé à de nombreux artisans et gens de métiers persécutés en France pour leurs convictions religieuses, participe à la reconnaissance des métiers de l’horlogerie. Spero Lucem est une marque dont la vocation est de rendre hommage à Genève et à ses fondamentaux.

La Clémence est la première des deux premières pièces de la marque, un tourbillon, répétition minute, avec une troisième complication, jamais encore réalisée dans l’histoire de l’horlogerie: des aiguilles qui, lorsque le mécanisme sonore s’enclenche, perdent la tête et deviennent «folles».

Cette première mondiale ludique est chargée de sens : puisque le rôle d’une répétition minute est d’indiquer l’heure de manière sonore, autant tout mettre en œuvre pour que celui qui en fait l’usage puisse se concentrer sur le son sans avoir la tentation de confirmer son écoute par une appréciation visuelle. Puis, après la magie du son, le regard reprend ses droits: mues par une mémoire mécanique, les aiguilles de La Clémence se repositionnent à leur juste place.

La cage du tourbillon volant est inspirée de la tête de la clef pastorale tandis que le colimaçonné soleil du cadran tire son motif du plumage de l’aigle impérial genevois. Au verso de La Clémence, la couronne de l’aigle forme le pont du double volant d’inertie.

La clémence est une pièce de 44 mm, 471 composants, à remontage manuel, dotée de 90 heures de réserve de marche, en or rose et titane

Olivier Müller

Visuels © Spero Lucem