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Breitling Navitimer Cosmonaute : la Blacksteel en trop ?

Breitling Navitimer Cosmonaute : la Blacksteel en trop ?

Il est toujours délicat de s’atteler au lifting d’une icone. Certes, Breitling est coutumier de l’exercice avec sa Navitimer. Le célèbre chronographe s’est déjà vu offrir de multiples parures, la dernière étant la Blue Sky pour fêter ses 60 ans.

Aujourd’hui, Breitling renouvelle l’exercice avec une version intégralement noire. Elle prend la suite de la série limitée parue en 2012 pour célébrer les trois orbites autour de la Terre réalisées par Scott Carpenter à bord de la capsule Aurora 7, le 24 mai 1962. Après la série limitée parue en 2012 pour les 50 ans de ce vol historique, Breitling édite cette nouvelle Navitimer Cosmonaute Blacksteel (1000 ex.)

Le cadran et les compteurs du chronographe affichent la même couleur, rehaussée par des indications luminescentes et de petites aiguilles rouges.

Cette Navitimer est, comme toujours depuis que Breitling est manufacture, propulsée par un calibre maison, ici le B02. Il est certifié chronomètre par le COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres). Il présente les deux particularités fidèles au modèle d’origine: un système de remontage manuel et un affichage sur 24 heures.

Notre avis

Il est difficile d’émettre une réserve sur la variante d’un modèle iconique sans passer pour un conservateur réactionnaire. Il n’empêche. Breitling poursuit son exploitation sans fin du filon « all black ». Certes, on ne peut reprocher à la marque sa cohérence : on retrouve sur cette Navitimer les mêmes codes esthétiques que sur les premières Super Avenger « Blacksteel » : fond noir, aiguilles rouges, bracelet caoutchouc, larges aiguilles luminescentes, etc. Pour autant, on ne semble pas voir la fin de ces séries limitées – il devient plus rapide de compter les modèles non déclinées « Blacksteel » que d’énumérer ceux qui en ont bénéficié.

En parallèle, on peut regretter le manque d’audace et l’inclinaison trop évidente envers la facilité commerciale d’une finition qui, de toute évidence, rencontre un grand succès. Qui plus est, on ne saisit pas bien l’intérêt d’une nouvelle série limitée pour les…51 ans du vol de Carpenter. Doit-on s’attendre à une nouvelle mouture pour les 52 ans, les 53 ans, etc. ?

Enfin, malgré le charme esthétique de la pièce, il ne faut pas négliger la vocation première d’une Breitling : « Instruments for professionals ». Or une montre ‘full blackne sera jamais le choix d’un pilote, pour des raisons évidentes de lisibilité dans le cockpit – a fortiori dans l’espace ! Les anciens modèles avaient d’ailleurs toujours préservé la bichromie des cadrans, non sans raisons. Aujourd’hui, a près de 8000 euros la pièce, on est tenté de passer son tour.

Olivier Müller

Visuels © Breitling