Richard Mille

Richard Mille à vendre ?

Richard Mille à vendre ?

La marque Richard Mille, propriété à 90% de son fondateur éponyme et à 10% d’Audemars Piguet, est en contact rapproché avec Kering, ex PPR, apprend-on de différentes sources.

Certes, pour paraphraser l’adage, Richard Mille n’est pas à vendre, mais tout s’achète, pour peu que l’on y mette le prix. Ce prix, en l’occurrence, serait d’environ 300 millions d’euros, soit une valorisation de 2,5 à 3 fois les ventes attendues de la marque pour 2013, nous apprennent les Echos.

La marque Richard Mille existe depuis 2001. Fondamentalement en rupture sur tous les plans (technologique, esthétique, mais aussi en termes d’access price), ses garde-temps sont d’un luxe aussi ostentatoire qu’exigeant, ne se refusant aucune complication, notamment par le concours de l’ARP (Atelier Renaud & Papi) qui lui conçoit ses complications, au même titre que Vaucher. Marque à la progression fulgurante, Richard Mille a remodelé en profondeur le sillon de l’horlogerie moderne, voire futuriste, là où un Urwerk, par exemple, peinait à séduire les masses en raison de son austérité. Richard Mille, a l’inverse, a su séduire le grand public par une politique débridée d’ambassadeurs, tels Felipe Massa, Rafael Nadal ou plus récemment Sébastien Loeb.

L’exemple LVMH

Kering, pour sa part, possède déjà le joaillier Boucheron et la manufacture Girard-Perregaux, à la discrète mais réelle empreinte horlogère, mais aussi et surtout dotée d’une belle capacité manufacturière. Avec Richard Mille, Kering complèterait son portefeuille sur le segment du luxe ultra-technique, sans faire d’ombre à ses deux autres actifs. Bien vu. C’est d’ailleurs le modèle de LVMH, qui possède un joaillier (Dior), une manufacture traditionnelle (Zenith), et une marque technique, TAG Heuer (laquelle a le double mérite, en plus, de séduire les masses avec ses modèles d’entrée de gamme).

Le rapprochement aurait donc du sens mais, évidemment, rien n’est fait. Richard Mille, l’homme, ne semble pas prêt à envisager une quelconque entrée au capitale, fut-elle majoritaire (51%) avant l’année prochaine.

La présidence de la marque sera bien entendu un élément clé : comme pour Hublot avec Jean-Claude Biver, Richard Mille, la marque, est fondamentalement, viscéralement, incarnée par Richard Mille, l’homme. Ce dernier a su agréger autour de lui parmi les meilleurs détaillants, à l’instar de Laurent Picciotto, partie prenante engagée chez Richard Mille dès les premiers prototypes. La relation intime qu’a noué les deux hommes, qu’ils n’hésitent pas à exposer, saurait-elle résister au départ de Richard Mille ? L’hypothèse ne semble pas envisagée, l’homme restant aux commandes de sa marque. Pour le moment.

Olivier Müller

Visuels © Richard Mille / Chronopassion